
Gestion du stress & des émotions
Si tu me demandes quel mot j’ai le plus souvent entendu de la bouche de mes clients lors des dix dernières années, je te réponds sans hésiter : le mot « stress ».
Ce mot est devenu si omniprésent dans nos vies qu’il finit par désigner tout ce qui nous dérange ou nous blesse.
Presque tout le monde entre dans mon cabinet avec la même phrase : « Mira, je me sens très stressé. » Le stress s’est ainsi répandu dans nos quotidiens comme l’air que nous respirons ; au point de devenir inévitable et invivable.
Pourtant, je ne peux m’empêcher de penser que réduire la quasi-totalité de nos ressentis — émotions, sensations intérieures, malaises physiques — à ce seul mot est une simplification un peu trop commode.
On pose une question, on obtient une réponse, mais que contient vraiment cette réponse ? Il y a là une ambiguïté, quelque chose de difficile à saisir et à nommer.

Dans ma pratique, j’ai constaté que très peu de personnes sont capables de décrire avec précision ce qu’elles éprouvent, autrement que par l’utilisation de ce terme fourre-tout.
Un jour, un client m’a confié ressentir une peur vive face à un avenir incertain — et il a eu le courage d’employer ce mot juste : « peur ».
Dans une société qui valorise la bravoure et l’endurance à tout prix, oser reconnaître sa peur intérieure, surtout pour un homme, exige une honnêteté remarquable.
Une autre personne m’a dit, un jour, éprouver un profond chagrin. En prononçant ces mots, elle a instinctivement porté la main à sa poitrine — un geste bref et inconscient qui trahissait la douleur authentique qu’elle ressentait.
J’ai trouvé remarquable sa capacité à mettre des mots clairs sur sa souffrance.
Quand nous souffrons, nous sommes complètement engourdis, physiquement et émotionnellement. Mais lorsque nous parvenons à exprimer avec clarté ce que nous ressentons, l’intensité de cette douleur commence déjà, imperceptiblement, à s’alléger.
Souvent, j’ai l’impression que nous avons peur de décrire précisément nos sentiments, peur de remettre en question nos propres choix et peur du jugement d’autrui.
Nous préférons laisser les choses dans le flou, l’ambiguïté, comme si nous évitions de clarifier nos problèmes. Ainsi, nous restons prisonniers de cette pression et de ces émotions, qui nous enveloppent et nous isolent comme un nuage, nous réfugiant dans un système « sûr » qui semble continuer à fonctionner, sans que nous ayons à affronter, changer ou agir.
Mais une chose est sûre : le temps ne s’arrête pas, et nos émotions non plus.
Ce stress te ronge le cœur sans relâche, tel un brouillard matinal, lourd et humide, se propageant et affectant en même temps toi, et ton entourage. Veux-tu rester plongé dans cette atmosphère pesante pour toujours ?

Je pense aussi que le stress n’est pas nécessairement négatif.
Une personne m’a un jour confié qu’elle se sentait stressée parce qu’elle voulait absolument gagner un événement : elle se préparait avec beaucoup de détermination pour une compétition, et le stress ainsi créé est devenu un moteur, une force qui l’a poussée à se dépasser et à s’épanouir.
Par contre, ce type de situation peut inclure la pression des pairs, très courante, et celle qui découle de diverses comparaisons. Qu’il s’agisse d’enfants d’une même famille, de camarades de classe d’une même école ou de collègues d’une même entreprise, partout où il y a comparaison et compétition, la pression apparaît, engendrant des sentiments d’envie, de jalousie, de frustration et de ressentiment.
Cependant, il faut comprendre que sans comparaison, il n’y a pas de modèles auxquels se référer ; sans compétition, il n’y a ni progrès ni développement à espérer.
Il en va du stress comme de la corde d’un violon : si cette dernière n’est pas suffisamment tendue, elle ne peut pas produire un son pur et harmonieux.
Par conséquent, plutôt que de te concentrer sur le stress lui-même, tu devrais peut-être considérer ses conséquences potentielles et les directions qu’il pourrait te proposer.

Si tu te sens stressé, nous pouvons en parler, ouvertement, sans tabous et sans jugements, dans le respect et la compréhension.
Lorsque tes pensées sont confuses, trouver une personne de confiance à qui te confier, quelqu’un qui te comprend et t’aide à dénouer progressivement les nœuds qui t’habitent est toujours d’une aide inestimable.
C’est comme trouver un fil solide dans le chaos et le tirer lentement vers toi pour apprendre à y voir plus clair, pour transformer cette pression et ces émotions intenses et complexes en actions constructives concrètes.
Ainsi, quand tu te stresses, tu peux essayer de commencer par mettre des mots plus précis sur ce que tu ressens. S’agit-il de douleur, de frustration, de colère, d’inquiétude, d’anxiété ou de peur ? Car les causes du stress varient, et nos façons d’y répondre, varient aussi.
Or il se peut que tu sois simplement épuisé.
Par exemple, de nombreux jeunes parents, vivent un stress intense qui tient en grande partie au manque de sommeil. La fatigue physique aggrave la pression psychologique ; laquelle aggrave à son tour la fatigue physique, et ce cercle négatif devient vite difficile à briser.
Distinguer ce qui relève du corps de ce qui relève des émotions est déjà, en soi, un premier pas décisif vers la résolution.

Le stress et les émotions qui l’accompagnent méritent donc d’être pris au sérieux, mais pas pour s’y complaire ou les rejeter.
Ressentir du stress et des émotions n’est pas une mauvaise chose ; cela ne signifie pas que tu manques de capacités, que tu es trop fragile, trop dramatique ou trop sensible…
En réalité, parce que le stress et les émotions agissent comme une boussole, ils t’indiquent une direction à prendre, révèlent tes aspirations profondes et te mettent en contact avec les véritables besoins de ta vie.
